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Le conte des quatre

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ALAIN LAURAS
DAVID CARRANDIÉ
ERIC DILLY
PIERRE DECOTTIGNIES

LE CONTE DES QUATRE

En pénétrant dans la clairière, ils entendirent d’abord :

« Salut les garçons, heureuse de vous revoir ensemble ».
Alors ils la virent, assise sans âge parmi les mousses et ils s’assirent autour d’elle, en carré, histoire de former cercle. C’était peut-être pour cela qu’ils étaient venus. Elle les cueillit tous les quatre d’un seul regard :
« Alors, toujours Chevaliers de quelque chose ou simplement vous quatre ? On dirait que la vie vous a drôlement embrassés, et marqués de son sceau aussi. Et dans leurs yeux elle lut :
…recherches, musique, souvenirs, peinture, langage, création, parcours, rencontres, projets, destruction, reconstruction, vie, mort, renouveau, canopée, racines, blessures, guérissures et quelques bières… tout cela et plus encore.
Ils fermèrent les yeux, des images et des formes se mirent à danser, plus humaines, plus animales, plus abstraites, plus étranges…

Elle s’adressa à chacun d’eux :

Je vois des signes et des rires, des grimaces et des sentences d’argile. Des masques qui regardent en douce ceux qui les regardent. La même grande petite histoire réinventée depuis l’origine. Quand tu tires tes visions de la terre, est-ce que tu lui voles quelque chose, Eric ?
Au fil de la plume, de la pointe, tu te perds et te trouves et nous trouves et nous perds dans l’endroit et l’envers de mondes, de villes, de maisons, de réalités intérieures et de rêves extérieurs, construits, déconstruits. Quand le détail devient-il le Tout, Pierre ?
Tu joues avec le feu dans tes théâtres organisés, dressés, qui fleurissent métal, éclosent rougis à blanc puis refroidissent bleus, noirs et feignent d’être calmes. Des décors, des pièges ou des abris ? De tes propres mondes, as-tu trouvé la clé, Alain ?
Derrière le réel, dans sa pâte, sa densité, tu observes et tu peins des fragments du monde, les craintes enfoncées dans le soleil, la paix enchâssée dans l’ombre. Pris dans ton portrait, dans le portrait de l’herbe, dans le portrait des pierres, vois-tu quand tu ramènes aussi l’invisible, David ?

Quand ils ouvrirent les yeux, elle dit :

« Vous voici avec des découvertes intérieures que vous pouvez désormais donner à voir au monde. Appelez-donc le monde à vous pour une rencontre. Et envoyez-moi une invitation que j’aille voir ça. Ensuite hâtez-vous de repartir : vous avez à répondre à des questions. Allez ! »
Ils allaient d’abord faire halte. Il serait toujours temps de chevaucher leur âme à nouveau.
Que pouvaient-ils faire d’autre ?

Aurore JANON

Vernissage

Dimanche 8 novembre 2026 à partir de 11h30. 69, rue des Arts à Roubaix.

EXPOSITION VISIBLE

Exposition visible : les 14, 21 et 28 novembre de 15 à 18h00 et sur rendez-vous : 06 15 79 18 25 (Luc Hossepied) - hossepiedl@gmail.com

Date